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Une Baleine à Bec Bat Le Record Avec Une Plongée De 3h42′

Une baleine à bec bat le record avec une plongée de 3h42′

Imaginez-vous tout le chemin que vous pouvez parcourir en près de 4 heures ? Eh bien, c’est le temps qu’a passé une baleine à bec de Cuvier sous l’eau, sans remonter à la surface pour respirer !

Qui est la baleine à bec de Cuvier ?

La baleine à bec est un Ziphiidae (ziphiidé). On en dénombre à ce jour 22 types différents. Celle qui nous intéresse aujourd’hui est la baleine à bec de Cuvier, qui vient de battre le record de plongée baleine de tous les temps !

La baleine à bec de Cuvier est un odontocète, c’est-à-dire une baleine à dents. Elle ressemble à un gros dauphin, possède un grand front, un gros ventre et de petites nageoires. Ses flancs comportent des poches spéciales dans lesquelles elle plaque ses nageoires, ce qui rend son corps plus lisse et plus hydrodynamique. Elle préserve ainsi ses réserves d’énergie et d’oxygène.

Baleine bec

Les baleines à bec se trouvent dans les eaux tempérées de l’Atlantique Nord au Brésil, et aussi près de l’Afrique du Sud, du Mozambique, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Elles font partie des mammifères les plus méconnus de la planète. L’observation des baleines à bec est rare, car elles passent plus de 90 % de leur temps à plonger sous l’eau. Elles vivent en petits groupes, font rarement une brèche (saut hors de l’eau) et ont tendance à se tenir loin des bateaux. Elles ne montrent aucune affinité avec l’homme, alors que certaines espèces – dauphins, orques, baleines à bosse ou baleines grises – sont curieuses et s’approchent souvent des bateaux.

Lorsqu’elle effectue des plongées profondes, dans l’obscurité totale de l’océan, la baleine à bec de Cuvier utilise l’écholocation pour repérer sa proie. Elle devient plus discrète lorsqu’elle remonte à la surface, notamment pour ne pas attirer l’attention d’un de ses prédateurs les plus féroces, l’orque.

Reconstitution de plongée de la baleine à bec

Cette courte vidéo reconstitue la plongée de la baleine à bec, à la poursuite d’une proie.

 

 

L’étude de la baleine à bec de Cuvier par l’université américaine de Duke

« Ce sont des plongeurs remarquables », a déclaré Nicola Quick, biologiste marin à l’université de Duke, en Caroline du Nord, qui se consacre depuis des années à la baleine à bec.

Ces cétacés au museau pointu qui fréquentent les eaux profondes du monde ont effectué les plongées les plus longues et les plus profondes de tous les mammifères marins jamais enregistrés, plongeant à près de 3 000 mètres sous la surface de la mer.

Le dernier article du docteur Quick, publié dans le Journal of Experimental Biology, documente la descente la plus impressionnante des baleines observées à ce jour : 3 heures 42 minutes, battant le précédent record de baleine qui plonge de plus d’une heure.

Le nouveau record est près de sept fois plus long que ce que les scientifiques estimaient possible, en se basant sur la taille et le métabolisme de ces baleines à bec.

« C’est tellement plus que ce que nous avons vu auparavant », a déclaré Andreas Fahlman, physiologiste à la Fondation océanographique de la Communauté de Valence en Espagne et auteur de l’étude. « Ils ne sont pas censés être capables de faire cela, mais ils le font. »

Baleine à bec de Cuvier

Pourquoi la baleine à bec plonge-t-elle si profond ?

En plongeant dans les profondes couches de l’océan privées de lumière, la baleine à Bec de Cuvier trouve des proies à profusion et dont elle conserve l’exclusivité. Elle se régale en effet d’une multitude de poissons et de calamars qui ne sont pas accessibles à la plupart des autres prédateurs.

C’est aussi pour cette raison qu’on la connaît si mal. Les plongeurs ne peuvent prétendre la suivre à de telles profondeurs, encore moins la filmer dans le noir absolu. Lorsqu’elle remonte à la surface et effectue de petites brèches, ce n’est souvent que pour quelques minutes, juste assez pour inspirer quelques bouffées d’air frais.

Heureusement que des biologistes têtues comme Nicola Quick font preuve d’une ténacité sans faille pour percer les secrets de ces mammifères marins si discrets.

Des plongées en apnée durant généralement 1 heure

Nicola Quick et ses collègues ont pu marquer deux douzaines de baleines à bec de Cuvier près du cap Hatteras, en Caroline du Nord. Entre 2014 et 2018, l’équipe a répertorié les mouvements des baleines, alors que les animaux effectuaient près de 4 000 plongées à la recherche de nourriture.

La majorité des plongées effectuées par les baleines dans l’étude du docteur Quick ont duré environ une heure, et une petite poignée a dépassé les deux heures.

Fait remarquable, les baleines à bec semblent ne pas avoir besoin de davantage de temps à la surface pour récupérer, qu’elles aient passé une demi-heure ou deux heures sous l’eau.

Leur temps de récupération n’est en rien proportionnel à leur exploit.

Record de plongée en apnée pour la baleine à bec : 3 heures 42 minutes

Une baleine a réussi deux plongées extrêmes, l’une d’une durée de 2 heures 53 minutes et l’autre de 3 heures 42 minutes.

« Ces chiffres apparaissent en contradiction avec les limites physiologiques des animaux, a déclaré le docteur Quick. Ils ne font pas partie du comportement habituel de la baleine à bec, mais il existe une explication : les deux plongées ont été enregistrées dans les semaines qui ont suivi l’exposition de la baleine à un signal de sonar de la marine, un son qui est connu pour déstabiliser et perturber les animaux marins. »

Comment la baleine qui plonge s’adapte-t-elle ?

Les scientifiques ont constaté que les mammifères marins s’adaptent lors de plongées exceptionnellement longues. D’une part, les baleines détournent le flux sanguin de leur foie, de leurs reins et de leurs intestins pour libérer de l’oxygène pour leur cerveau, leur cœur et leurs muscles qui constituent des tissus essentiels pour supporter des plongées profondes et longues. En même temps, elles peuvent réduire leur rythme cardiaque pour modifier leur métabolisme.

Il semblerait que les baleines à bec possèdent une composition musculaire inhabituelle qui rend leurs tissus moins dépendants de l’oxygène. Ensuite, lorsque les réserves d’oxygène finissent par s’épuiser, les animaux arrivent à tolérer les toxines qui ont tendance à s’accumuler dans les muscles fatigués.

En attendant de réaliser un nouveau record plongée en apnée, la baleine à bec de Cuvier profite de la richesse des eaux de l’Antarctique !

Baleine à bec Antarctique

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